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Considérations sur l'éloquence françoise de ce tems
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ce, & que les lettres, qu’ on appelle,l’éloquence, et que les lettres, qu’on appelle,
ont ie ne sçai quoi de corrosif quiont je ne sais quoi de corrosif qui
affoiblit l’ esprit, & qui lui desrobeaffaiblit l’esprit, et qui lui désrobe
vne partie de ce qu’ il a de meilleur.une partie de ce qu’il a de meilleur.
Sans mentir elles lui ostent quelSans mentir elles lui ostent quelque
que chose, ne fust -ce que la roüillequelque chose, ne fût-ce que la ruille
& les taches de l ' ’ ignorãce; la scienet les taches de l’’ignorance; la science
ce est honteuse, mais c’ est parmiscience est honteuse, mais c’est parmi
les barbares; & i’ auoüe qu' elle faitles barbares; et j’avoue qu’elle fait
preiudice à l' eloquence, si on s’ enpréjudice à l’éloquence, si on s’en
sert sans iugement, & qu’ au lieu desert sans jugement, et qu’au lieu de
la bien emploier on en abuse.Car
comme il se trouue des personnescomme il se trouve des personnes
qui méprisent tout à fait l’ estude &qui méprisent tout à fait l’étude et
les liures, il y a des demi - sçauans,les livres, il y a des démi-sçauans,
pour ne rien dire de pis, qui se renpour ne rien dire de pis, qui se rendent
dent les plus importuns du monderendent les plus importuns du monde
en ce peu de connoissance qu’ ilsen ce peu de connaissance qu’ils
ont.Ils veulent passer pour ce qu' ilsont. Ils veulent passer pour ce qu’ils
ne sont pas, & font comme les pene sont pas, et font comme les petits
tits hommes qui deuiennent ridipetits hommes qui deviennent ridicules
cules à force de s' esleuer sur le boutridicules à force de s’élever sur le bout
ont ie ne sçai quoi de corrosif quiont je ne sais quoi de corrosif qui
affoiblit l’ esprit, & qui lui desrobeaffaiblit l’esprit, et qui lui désrobe
vne partie de ce qu’ il a de meilleur.une partie de ce qu’il a de meilleur.
Sans mentir elles lui ostent quelSans mentir elles lui ostent quelque
que chose, ne fust -ce que la roüillequelque chose, ne fût-ce que la ruille
& les taches de l ' ’ ignorãce; la scienet les taches de l’’ignorance; la science
ce est honteuse, mais c’ est parmiscience est honteuse, mais c’est parmi
les barbares; & i’ auoüe qu' elle faitles barbares; et j’avoue qu’elle fait
preiudice à l' eloquence, si on s’ enpréjudice à l’éloquence, si on s’en
sert sans iugement, & qu’ au lieu desert sans jugement, et qu’au lieu de
la bien emploier on en abuse.Car
comme il se trouue des personnescomme il se trouve des personnes
qui méprisent tout à fait l’ estude &qui méprisent tout à fait l’étude et
les liures, il y a des demi - sçauans,les livres, il y a des démi-sçauans,
pour ne rien dire de pis, qui se renpour ne rien dire de pis, qui se rendent
dent les plus importuns du monderendent les plus importuns du monde
en ce peu de connoissance qu’ ilsen ce peu de connaissance qu’ils
ont.Ils veulent passer pour ce qu' ilsont. Ils veulent passer pour ce qu’ils
ne sont pas, & font comme les pene sont pas, et font comme les petits
tits hommes qui deuiennent ridipetits hommes qui deviennent ridicules
cules à force de s' esleuer sur le boutridicules à force de s’élever sur le bout
