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Dialogue des causes de la corruption de l'éloquence
DE LELOQVENCE.DE LELOQUENCE.
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receuës, c’ est que les hommes, par le dereçues, c’est que les hommes, par le défaut
faut & la malice de leur inclination, ontdéfaut et la malice de leur inclination, ont
toûjours la bouche ouuerte pour loüertoujours la bouche ouverte pour louer
l’ antiquité, & n' ont jamais que du deL’antiquité, et n’ont jamais que du dégoust
goust & du mépris pour les choses predégoût et du mépris pour les choses prélentes.
lentes.Il ne faut point doubter qu’ il neprélentes. Il ne faut point doute qu’il ne
se soit trouué des personnes qui admise soit trouvé des personnes qui admiraient
roient dauantage Appius Cecus que Caadmiraient davantage Appius Cecus que Caton,
ton, & chacun sçait que Ciceron memeCaton, et chacun sait que Cicéron meme
n’ a pas éuité les traits de la médisance, &n’a pas évité les traits de la médisance, et
que lon a dit de luy qu’ il estoit trop enque lon a dit de lui qu’il était trop enflé
flé & trop empoullé, que sa diction n’ eenfl et trop empoullé, que sa diction n’était
stoit pas assez pressée, qu’ il s’ éleuoit &n’était pas assez pressée, qu’il s’élevait et
s’ emportoit sans obseruer ny regle ny mes’emportaait sans observer ni règle ni mesure,
sure, & qu’ il s’ éloignoit trop des anciens.mesure, et qu’il s’éloignait trop des anciens.
Vous auez pû lire les lettres de Caluus &Vous avez pu lire les lettres de Caluus et
de Brutus à Ciceron, par ou il est aisé dede Brutus à Ciceron, par ou il est aisé de
recognoistre que Ciceron estimoit quereconnaître que Ciceron estimait que
le ftile de Caluus estoit trop simple, &le ftile de Caluus était trop simple, et
n' auoit pas assez de vigueur; que Brutusn’avait pas assez de vigueur; que Brutus
affectoit vne rudesse fâcheuse & importuOu affectait une rudesse fâcheuse et importune,
ne, & faisoit des discours détachés & sansimportune, et faisait des discours détachés et sans
liaison; qu’ au contraire Ciceron a esté ac ¬liaison; qu’au contraire Ciceron a été accuie
faut & la malice de leur inclination, ontdéfaut et la malice de leur inclination, ont
toûjours la bouche ouuerte pour loüertoujours la bouche ouverte pour louer
l’ antiquité, & n' ont jamais que du deL’antiquité, et n’ont jamais que du dégoust
goust & du mépris pour les choses predégoût et du mépris pour les choses prélentes.
lentes.Il ne faut point doubter qu’ il neprélentes. Il ne faut point doute qu’il ne
se soit trouué des personnes qui admise soit trouvé des personnes qui admiraient
roient dauantage Appius Cecus que Caadmiraient davantage Appius Cecus que Caton,
ton, & chacun sçait que Ciceron memeCaton, et chacun sait que Cicéron meme
n’ a pas éuité les traits de la médisance, &n’a pas évité les traits de la médisance, et
que lon a dit de luy qu’ il estoit trop enque lon a dit de lui qu’il était trop enflé
flé & trop empoullé, que sa diction n’ eenfl et trop empoullé, que sa diction n’était
stoit pas assez pressée, qu’ il s’ éleuoit &n’était pas assez pressée, qu’il s’élevait et
s’ emportoit sans obseruer ny regle ny mes’emportaait sans observer ni règle ni mesure,
sure, & qu’ il s’ éloignoit trop des anciens.mesure, et qu’il s’éloignait trop des anciens.
Vous auez pû lire les lettres de Caluus &Vous avez pu lire les lettres de Caluus et
de Brutus à Ciceron, par ou il est aisé dede Brutus à Ciceron, par ou il est aisé de
recognoistre que Ciceron estimoit quereconnaître que Ciceron estimait que
le ftile de Caluus estoit trop simple, &le ftile de Caluus était trop simple, et
n' auoit pas assez de vigueur; que Brutusn’avait pas assez de vigueur; que Brutus
affectoit vne rudesse fâcheuse & importuOu affectait une rudesse fâcheuse et importune,
ne, & faisoit des discours détachés & sansimportune, et faisait des discours détachés et sans
liaison; qu’ au contraire Ciceron a esté ac ¬liaison; qu’au contraire Ciceron a été accuie
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