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Dialogue des causes de la corruption de l'éloquence
DE EE.LOQVENCE.DE EE.LOQUENCE.
epistres qui font recognoiftre la haine couépîtres qui font reconnaître la haine couverte
uerte qui estoit entr’ eux; c’ est vn vice quicouverte qui était entr’eux; c’est un vice qui
ne doit pas estre attribué à la profesfiõ desne doit pas être attribué à la proffonon des
Orateurs, mais à l’ infirmité des lommes.Orateurs, mais à l’infirmité des lommes.
Car ie croy que Caluus, Afinius, & CiceCar je crois que Caluus, Afinius, et Ciceron
ron méme, ont ésté en leurs temps enuieuxCiceron même en leurs temps enuieux
de la gloire d’ autruy, & que leurs anesde la gloire d’autrui, et que leurs anes
n' ont pas esté exemptes des pafsions quin’ont pas été exemptes des pafsions qui
font attachées à la nature humaine.Iefont attachées à la nature humaine. Je
fais le méme jugement de tous ces autresfais le même jugement de tous ces autres
Orateurs, excepté de Brutus, lequel, à monOrateurs, excepté de Brutus, lequel, à mon
aduis, a parlé felon fa pensée, & sansavis, a parlé felon fa pensée, et sans
eftre preuenu d’ enuie, ny de mauuaifeCet prévenu d’envie, ni de mauuaife
volonté.Car y a t’ il apparence que Bruvolonté. Car y at-il apparence que Brutus
tus ait esté jaloux de l' eloquence de CiBrutus ait été jaloux de l’éloquence de Ccécéron,
ceron, luy qui, ce me femble, n' a pointCiceron, lui qui, ce me femble, n’a point
porté d’ enuie à la fortune de Cesar?Quantporté d’envie à la fortune de César?Qvant
a Sergius Galba, Caius Lelius, & tousà Sergius Galba, Caius Lélius, et tous
les autres d’ entre les anciens à qui Aperles autres d’entre les anciens à qui Aper
a fait la guerre, mon intention n’ est pas
de les deffendre; car ie confesse que quelde les défendre; car je confesse que quelque
que chose manquoit à leur eloquence,quelque chose manquait à leur éloquence,
comme venant encores de naistre, & n’ e ¬comme venant encore de naître, et n’étalrt
uerte qui estoit entr’ eux; c’ est vn vice quicouverte qui était entr’eux; c’est un vice qui
ne doit pas estre attribué à la profesfiõ desne doit pas être attribué à la proffonon des
Orateurs, mais à l’ infirmité des lommes.Orateurs, mais à l’infirmité des lommes.
Car ie croy que Caluus, Afinius, & CiceCar je crois que Caluus, Afinius, et Ciceron
ron méme, ont ésté en leurs temps enuieuxCiceron même en leurs temps enuieux
de la gloire d’ autruy, & que leurs anesde la gloire d’autrui, et que leurs anes
n' ont pas esté exemptes des pafsions quin’ont pas été exemptes des pafsions qui
font attachées à la nature humaine.Iefont attachées à la nature humaine. Je
fais le méme jugement de tous ces autresfais le même jugement de tous ces autres
Orateurs, excepté de Brutus, lequel, à monOrateurs, excepté de Brutus, lequel, à mon
aduis, a parlé felon fa pensée, & sansavis, a parlé felon fa pensée, et sans
eftre preuenu d’ enuie, ny de mauuaifeCet prévenu d’envie, ni de mauuaife
volonté.Car y a t’ il apparence que Bruvolonté. Car y at-il apparence que Brutus
tus ait esté jaloux de l' eloquence de CiBrutus ait été jaloux de l’éloquence de Ccécéron,
ceron, luy qui, ce me femble, n' a pointCiceron, lui qui, ce me femble, n’a point
porté d’ enuie à la fortune de Cesar?Quantporté d’envie à la fortune de César?Qvant
a Sergius Galba, Caius Lelius, & tousà Sergius Galba, Caius Lélius, et tous
les autres d’ entre les anciens à qui Aperles autres d’entre les anciens à qui Aper
a fait la guerre, mon intention n’ est pas
de les deffendre; car ie confesse que quelde les défendre; car je confesse que quelque
que chose manquoit à leur eloquence,quelque chose manquait à leur éloquence,
comme venant encores de naistre, & n’ e ¬comme venant encore de naître, et n’étalrt
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