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GrandSiècle
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Dialogue des causes de la corruption de l'éloquence

LIV0017 · page 101 / 163 · voir sur Gallica
Fac-similé de la page 101
p. 101 — Gallica (BnF)
les jours des hommes qui ayment mieuxles jours des hommes qui aiment mieux
lire Lucilius que Horace, & Lucrece quelire Lucilius que Horace, et Lucrece que
Virgile; qui ne font point d’ etat de l’ eVirgile; qui ne font point d’état de l’éloquence
loquence de vostre Aufidius Bassus, oul’éloquence de votre Aufidius Bassus, ou
de Seruilius Nouianus, en comparaide Servilius Nouianus, en comparaison
son de celle de Sisenna, ou de Varron;comparaison de celle de Sisenna, ou de Varron;
qui ont du dégoust & de l’ auersion pourqui ont du dégoust et de l’aversion pour
les œuures des Rheteurs de nostre temps,les œuvres des Rhéteurs de notre temps,
& qui admirent les liures de Caluus, quiet qui admirent les livres de Caluus, qui
ont vne eloquence triste & sans orneont une éloquence triste et sans ornement;
ment; & qui ayant acquis la santé dontornement; et qui ayant acquis la santé dont
ils se vantent, plustost par la jeusne & l’ abils se vantent, plutôt par la jeûne et l’abstinence,
stinence, que par la vigueur de leur disL’abstinence, que par la vigueur de leur disposition,
position, ont si peu de nom, que lors que,disposition, ont si peu de nom, que lorsque,
suiuant le stile des anciens, ils parlent desuivant le style des anciens, ils parlent devant
uant les juges, ils n’ ont aucuns auditeursdevant les juges, ils n’ont aucuns auditeurs
leur suitte, le peuple ne les vient pointà leur suite, le peuple ne les vient point
écouter, & les playdeurs mémes ont de laécouter, et les plaideurs mèmes ont de la
peine les souffrir.Ausfi les medecinspeine à les souffrir. Ausfi les médecin
n’ estiment pas que la sante du corps soit
parfaite, quand elle arriue toute seule, &parfaite, quand elle arrive toute seule, et
que l’ esprit demeure assiegé de sa melanque l’esprit demeure assiégé de sa mélancolie
colie & de son inquietude.Car ce n' estmelancolie et de son inquiétude. Car ce n’est