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Dialogue des causes de la corruption de l'éloquence
Go DE EAOOII.PION
pas assez qu’ vn homme ne soit point mapas assez qu’un homme ne soit point malade;
lade; il faut outre cela quiil soit fort &malade; il faut outre cela quiil soit fort et
gaillard, & celuy -la n’ est gueres éloignégilllard, et celui-la n’est guère éloigné
du mal, en qui il ny a rien à loüer que ladu mal, en qui il ni a rien à louer que la
santé.Quant à vous, Messieurs, qui auezsanté. Quant à vous, Messieurs, qui avez
porté l’ eloquence au plus haut point oùporté l’éloquence au plus haut point où
elle peut monter, continuez, comme il est
en vostre puissance, & comme vous faien votre puissance, et comme vous faites
tes dignement, à esclairer nostre siecle, &faites dignement, à éclairer notre siècle, et
à luy faire voir qu’ elle est la plus parfaià lui faire voir qu’elle est la plus parfaite
te forme de l’ oraison.Car pour vous,parfaite forme de l’oraison. Car pour vous,
Messalla, vous imitez excellemment tout
ce qui est de beau dans les anciens; &ce qui est de beau dans les anciens; et
vous, Maternus & Secundus, vous sçavous, Maternus et Secundus, vous savez
uez si bien mesler la majesté auec la posavez si bien mêler la majesté avec la politesse
litesse & la pureté de ladiétion, vous faipolitesse et la pureté de ladiétion, vous faites
tes choix de vos inuentions auec tant defaites choix de vos inventions avec tant de
jugement, il y a tant d’ ordre en vos oraijugement, il y a tant d’ordre en vos oraisons,
sons, vous estes si forrs & si abondansoraisons, vous êtes si forrs et si abondants
en paroles quand vos causes en ont been paroles quand vos causes en ont besoin,
soing, vous obsermez vne telle briefuetébesoin, vous obsermez une telle brièveté
lors que vous en auez le pouuoir, voftrelors que vous en avez le pouvoir, votre
composition est si agreable, vos sentencescomposition est si agréable, vos sentences
lade; il faut outre cela quiil soit fort &malade; il faut outre cela quiil soit fort et
gaillard, & celuy -la n’ est gueres éloignégilllard, et celui-la n’est guère éloigné
du mal, en qui il ny a rien à loüer que ladu mal, en qui il ni a rien à louer que la
santé.Quant à vous, Messieurs, qui auezsanté. Quant à vous, Messieurs, qui avez
porté l’ eloquence au plus haut point oùporté l’éloquence au plus haut point où
elle peut monter, continuez, comme il est
en vostre puissance, & comme vous faien votre puissance, et comme vous faites
tes dignement, à esclairer nostre siecle, &faites dignement, à éclairer notre siècle, et
à luy faire voir qu’ elle est la plus parfaià lui faire voir qu’elle est la plus parfaite
te forme de l’ oraison.Car pour vous,parfaite forme de l’oraison. Car pour vous,
Messalla, vous imitez excellemment tout
ce qui est de beau dans les anciens; &ce qui est de beau dans les anciens; et
vous, Maternus & Secundus, vous sçavous, Maternus et Secundus, vous savez
uez si bien mesler la majesté auec la posavez si bien mêler la majesté avec la politesse
litesse & la pureté de ladiétion, vous faipolitesse et la pureté de ladiétion, vous faites
tes choix de vos inuentions auec tant defaites choix de vos inventions avec tant de
jugement, il y a tant d’ ordre en vos oraijugement, il y a tant d’ordre en vos oraisons,
sons, vous estes si forrs & si abondansoraisons, vous êtes si forrs et si abondants
en paroles quand vos causes en ont been paroles quand vos causes en ont besoin,
soing, vous obsermez vne telle briefuetébesoin, vous obsermez une telle brièveté
lors que vous en auez le pouuoir, voftrelors que vous en avez le pouvoir, votre
composition est si agreable, vos sentencescomposition est si agréable, vos sentences
