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GrandSiècle
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Considérations sur l'éloquence françoise de ce tems

LIV0020 · page 148 / 226 · voir sur Gallica
Fac-similé de la page 148
p. 148 — Gallica (BnF)
comme si elles possedoient toutescomme si elles posdaient toutes
les graces, & toutes les richesses deles grâces, et toutes les richesses de
l’ eloquence.l’éloquence.
Afin qu’ on ne pense pas que ieAfin qu’on ne pense pas que je
mes - estime tout a fait ceus qui
n’ ont que la seule connoissance desn’ont que la seule connaissance des
mots, auec l’ artifice de les bien armots, avec l’artifice de les bien arrenger;
renger; ie veus leur donner icy vnArrenger; je veux leur donner ici un
conseil qui témoignera que ie lesconseil qui témoignera que je les
prise autant que se dois.Ie seroisprise autant que se dois. Je serais
donc d’ auis qu’ ils entreprissent ladonc d’avis qu’ils entreprissent la
traduction des bons autheurs entraduction des bons auteurs en
nostre langue, où ie croy qu’ ils peunotre langue, où je crois qu’ils pûuet
uet acquerir beaucoup d’ hon neur.pûue acquérir beaucoup d’hon neur.
Ce n’ est pas qu’ il ne me souuienneCe n’est pas qu’il ne me souvienne
fort bien d’ vn prouerbe des Arabes,fort bien d’un proverbe des Arabes,
qui porte que nous ne valons guequi porte que nous ne valons guère,
res, li nous ne pouuons faire autantguère, li nous ne pouvons faire autant
que l’ aragnée, qui tire sa toille deque l’aragnée, qui tire sa toille de
son propre vétre lans rien emprunson propre avez lans rien emprunter
ter de personne soit pour la forme,emprunter de personne soit pour la forme,
soit pour la matiere.Mais ie pensesoit pour la matière. Mais je pense