← Fiche du document
Dialogue des causes de la corruption de l'éloquence
DE-LELOQVENCE.DE DLÉLOQUENCE.
F
ay cy deuant parlé, ne doiuent pas estreai-ci devant parlé, ne doivent pas être
mis au iombre des anciens.Car vous ne
pouuez pas diuiser vn siecle, & donnerpouvez pas divertier un siècle, et donner
ce nom à ceux que les mémes hommesce nom à ceux que les mèmes hommes
qui viuent aujourd’ huy ont pû écouterqui vive aujourd’hui ont pu écouter
en leur temps, & dont la voixs est, s’ il fauten leur temps, et dont la voixs est, s’il faut
ainsi dire, pû conjoindre & accouplerainsi dire, pu conjoindre et accoupler
dans leurs oreilles.Or e me sers de ce
que jay dit jusques icy, pour monstrerque jai dit jusques ici, pour montrer
que la reputation & la glore que cesque la réputation et la glore que ces
Orateurs ont acquise à leur siecle, tient vnOrateurs ont acquise à leur siècle, tient un
milieu entre les anciens & nous, & qu’ elmilieu entre les anciens et nous, et qu’elle
le nous touche encores de plus prés quequ’elle nous touche encore de plus près que
Sergius Galba, Caius Carbo, & les autresSergius Galba, Caius Carbo, et les autres
que nous pourrions à bon droit appellerque nous pourrions à bon droit appeler
anciens.Car ceux cy ont vne eloquenceanciens. Car ceux-ci ont une éloquence
barbare, rude, & informe, dépourueuëbarbare, rude, et informe, dépourueue
d’ ornement & de politesse; tellement qu’ ild’ornement et de politesse; tellement qu’il
seroit à desirer que vostre Caluus, ouserait à désirer que votre Calus, ou
Cœlius, où Ciceron méme, ne les cussentCœlius, où Cicéron même, ne les cussent
point imitez.Et ne vous estonnez pas depoint imitez. Et ne vous étonnez pas de
ce discours, car j’ ay resolu de desfendrece discours, car j’ai résolu de défendre
nostre siecle auec plus de force & de har ¬notre siècle avec plus de force et de hardiexe
mis au iombre des anciens.Car vous ne
pouuez pas diuiser vn siecle, & donnerpouvez pas divertier un siècle, et donner
ce nom à ceux que les mémes hommesce nom à ceux que les mèmes hommes
qui viuent aujourd’ huy ont pû écouterqui vive aujourd’hui ont pu écouter
en leur temps, & dont la voixs est, s’ il fauten leur temps, et dont la voixs est, s’il faut
ainsi dire, pû conjoindre & accouplerainsi dire, pu conjoindre et accoupler
dans leurs oreilles.Or e me sers de ce
que jay dit jusques icy, pour monstrerque jai dit jusques ici, pour montrer
que la reputation & la glore que cesque la réputation et la glore que ces
Orateurs ont acquise à leur siecle, tient vnOrateurs ont acquise à leur siècle, tient un
milieu entre les anciens & nous, & qu’ elmilieu entre les anciens et nous, et qu’elle
le nous touche encores de plus prés quequ’elle nous touche encore de plus près que
Sergius Galba, Caius Carbo, & les autresSergius Galba, Caius Carbo, et les autres
que nous pourrions à bon droit appellerque nous pourrions à bon droit appeler
anciens.Car ceux cy ont vne eloquenceanciens. Car ceux-ci ont une éloquence
barbare, rude, & informe, dépourueuëbarbare, rude, et informe, dépourueue
d’ ornement & de politesse; tellement qu’ ild’ornement et de politesse; tellement qu’il
seroit à desirer que vostre Caluus, ouserait à désirer que votre Calus, ou
Cœlius, où Ciceron méme, ne les cussentCœlius, où Cicéron même, ne les cussent
point imitez.Et ne vous estonnez pas depoint imitez. Et ne vous étonnez pas de
ce discours, car j’ ay resolu de desfendrece discours, car j’ai résolu de défendre
nostre siecle auec plus de force & de har ¬notre siècle avec plus de force et de hardiexe
