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Dialogue des causes de la corruption de l'éloquence
DE LELOCVENGE.
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parler, & qu’ il voit qu’ à sa parole toutparler, et qu’il voit qu’à sa parole tout
le monde se taist, & iette la veuë sur luy, &le monde se tait, et jette la vue sur lui, et
que le peuple qui l’ enuirõne se laisse emque le peuple qui l’enveronne se laisse emporter
porter à ses mouuemens & à ses inclinaemporter à ses mouvements et à ses inclinations?
tions?Or ce que i' ay representé iusquesinclinations? Or ce que j’ai représenté jusqu
1cy, touchant les contentemens que re1ci, touchant les contentements que reçoit
çoit vn Orateur, est cognu à tout lereçoit un Orateur, est connu à tout le
monde, & n' est pas mesme caché auxmonde, et n’est pas même caché aux
ignorans; mais il y a d’ autres delices enignorants; mais il y a d’autres délices enl’exercice
l’ exercice de cette profession, qui sontenl’exercice de cette profession, qui sont
plus secrettes, & qui ne peuuent estreplus secrètes, et qui ne peuvent être
goustées que par l’ Orateur mesme.Cargoûtées que par l’Orateur même. Car
s’ il se presente auec vn discours estudié,s’il se présente avec un discours étudié,
comme il le prononce auec vn ton fercomme il le prononce avec un ton ferme
me & vne cadance bien reiglée, le poidsferme et une cadance bien réglée, le poids
qu’ il donne à ses paroles luy faict ressenqu’il donne à ses paroles lui fait ressentir
tir vne ioye pleine d’ asseurance; & auressentir une joie pleine d’assurance; et au
contraire s’ il ouure la bouche auec vn peucontraire s’il ouvre la bouche avec un peu
de crainte, pour faire vne action qu’ ilde crainte, pour faire une action qu’il
a soudainement conceue, l’ emotion queà soudainement concece, l’emotion que
cette entreprise cause dans son esprit, en
rend le succez plus glorieux, & chatoüilrend le succès plus glorieux, et chatouille
le plus doucement la conplaisance.Maischatouille plus doucement la conplaisance. Mais
le monde se taist, & iette la veuë sur luy, &le monde se tait, et jette la vue sur lui, et
que le peuple qui l’ enuirõne se laisse emque le peuple qui l’enveronne se laisse emporter
porter à ses mouuemens & à ses inclinaemporter à ses mouvements et à ses inclinations?
tions?Or ce que i' ay representé iusquesinclinations? Or ce que j’ai représenté jusqu
1cy, touchant les contentemens que re1ci, touchant les contentements que reçoit
çoit vn Orateur, est cognu à tout lereçoit un Orateur, est connu à tout le
monde, & n' est pas mesme caché auxmonde, et n’est pas même caché aux
ignorans; mais il y a d’ autres delices enignorants; mais il y a d’autres délices enl’exercice
l’ exercice de cette profession, qui sontenl’exercice de cette profession, qui sont
plus secrettes, & qui ne peuuent estreplus secrètes, et qui ne peuvent être
goustées que par l’ Orateur mesme.Cargoûtées que par l’Orateur même. Car
s’ il se presente auec vn discours estudié,s’il se présente avec un discours étudié,
comme il le prononce auec vn ton fercomme il le prononce avec un ton ferme
me & vne cadance bien reiglée, le poidsferme et une cadance bien réglée, le poids
qu’ il donne à ses paroles luy faict ressenqu’il donne à ses paroles lui fait ressentir
tir vne ioye pleine d’ asseurance; & auressentir une joie pleine d’assurance; et au
contraire s’ il ouure la bouche auec vn peucontraire s’il ouvre la bouche avec un peu
de crainte, pour faire vne action qu’ ilde crainte, pour faire une action qu’il
a soudainement conceue, l’ emotion queà soudainement concece, l’emotion que
cette entreprise cause dans son esprit, en
rend le succez plus glorieux, & chatoüilrend le succès plus glorieux, et chatouille
le plus doucement la conplaisance.Maischatouille plus doucement la conplaisance. Mais
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