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GrandSiècle
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Dialogue des causes de la corruption de l'éloquence

LIV0017 · page 45 / 163 · voir sur Gallica
Fac-similé de la page 45
p. 45 — Gallica (BnF)
toient pas tous d’ vn aduis, & l’ eloquenn’étaient pas tous d’un avis, et l’éloquence
ce de nostre temps ne manquoit pas del’éloquence de notre temps ne manquait pas de
protecteurs, qui se moquans de l’ antiprotecteurs, qui se moquants de l’antiquité,
quité, releuoient nos esprits au dessus del’antiquité, relevaient nos esprits au dessus de
ceux des anciens.Le lendemain donc
que Curiatius Maternus eust recité saque Curiatius Maternus eût recité sa
tragedie de Caton, le bruit ayant courutradidie de Caton, le bruit ayant couru
dans la ville qu’ il auoit offensé les grands,dans la ville qu’il avait offensé les grands,
par ce qu’ oubliant sa propre seureté, &parce qu’oubliant sa propre sûreté, et
tans considerer la condition du tempstans considérer la condition du temps
& la forme du gouuernement, il n’ auoitet la forme du gouvernement, il n’avait
trauaillé qu’ representer Caton auec toutravaillé qu’à représenter Caton avec toute
te sa seuerité, & le faire parler harditoute sa sévérité, et à le faire parler hardiment
ment selon son humeur & son inclinahardiment selon son humeur et son inclination,
tion, M. Aper & Iulius Secundus vininclination, M. Aper et Julius Secundus vindrent
drent le visiter.Ces deux personnagesvinnt le visiter. Ces deux personnages
estoient les lumieres de nostre barreau,étaient les lumières de notre barreau,
& cest pourquoy non seulement ie leset cet pourquoi non seulement je les
escoutois auec plaisir, lors qu’ ils playescoutais avec plaisir, lorsqu’ils plaidaient
doient deuant les juges, mais aussi, parplaidaient devant les juges, mais aussi, par
vne singuliere affection que ie portoisune singulère affection que je portais
aux bonnes lettres, & poussé de l’ ardeuraux bonnes lettres, et poussé de l’ardeur
de la jeunesse, ie les assistois, tant en pu ¬de la jeunesse, je les assistais, tant en puDiie